samedi 10 juillet 2010

Une comm de crise ratée pour le gouvernement. Si on commence à traiter de fascistes les journalistes, que dira-t-on de LePen ?

mardi 6 juillet 2010

Lee est interne,il vient de Chine pour se spécialiser en diabétologie;
il parle assez bien le français ,mais il parle peu en vérité,ça ne me dérange pas,il a le diagnostic très sûr,dès qu'on l'appelle,il vient rapidement sans jamais râler,il a une analyse juste et rapide des problèmes..
bref,je l'aime bien parce que je sais pouvoir compter sur lui.
mes autres collègues ne partagent pas mon avis,son accent,son air impénétrable,les déconcertent,elles le trouvent lunatique et trop distant.

comme je suis assez curieuse des gens,une nuit qu'il est là pour un patient,je n'y tiens plus,je lui demande:
-dis-moi,Lee,tu as quel âge?
-ah,bien,tu dois deviner,quel âge tu me donnes?
je le regarde attentivement,quelques plis aux yeux,aux coins de bouche....
-32 ou 33 ans !
-ah non,34 ans,j'ai 34 ans,mais tu es forte,tout le monde se trompe sur moi
c'est donc un médecin expérimenté,comme il a l'air de bonne humeur,je décide de continuer sur ma lancée
-mais dis-moi,à 34 ans tu dois avoir une fiancée,tu as de la famille en France?
-non,non,enfin,oui je suis marié,j'ai un fils même,mais ils sont là-bas à Shangaï,moi je suis tout seul ici,j'attends de finir,je vais les voir le plus souvent,mais le voyage,tout ça...(un geste de la main)
-oh,tu as une femme et un enfant?....quel âge ?... 1 an ?...mais c'est un bébé,ça doit être un peu dur pour toi..?
il soupire,et son visage un temps égayé,se ferme;il me dit qu'il le voit grandir sur internet mais que ce n'est pas pareil,l'enfant ne le reconnait jamais.
les fois suivantes où je le vois,je ne manque pas de lui demander comment vont sa femme et son fils,comme ça,histoire de causer un peu,et il ne me manque pas de me répondre.

une nuit,à ma question rituelle posée pour la 20è ou 30ème fois,à croire qu'il la guettait,il sort triomphalement de sa poche une petite disquette:
-tu vas voir maintenant,j'ai des photos !
j'appelle Fifi,mon aide-soigante préférée,on est toutes les 2 excitées comme des puces,une séance de diapo sur notre vieux coucou d'ordinateur tout juste bon à sortir des étiquettes,on n'arrive pas à y croire..
et voilà notre interne qui tape à toute vitesse sur l'ordi asthmatique qui lui obéit en plus au doigt et à l'oeil,on ne savait même pas que c'était possible,on admire,on regarde comme au spectacle,c'est une scène si inattendue surtout venant d'un homme si réservé d'habitude.
et puis,un tiroir s'ouvre par magie,il avale cette fameuse disquette et on voit:
c'est un album photo,photos numériques et par web-cam.....on n'avait jamais vu ça avant,Fifi et moi on en est baba.
et on commente chaque photo une à une avec beaucoup de détails....,on s'exclame,on rit,on dévore tout des yeux,rien ne nous échappe..
et lui,il rit,il rit,il est heureux comme tout....
sa jeune épouse fraîche et jolie,la belle-mère au maintien sévère,Shangaï et ses immeubles géants,son appartement moderne,et surtout,surtout,le petit garçon,l'enfant-roi,sous tous les angles.
-je vais les faire venir,ma femme et mon fils,ici en France,bientôt,je fais les papiers
-oh mais c'est super,on est très contentes pour toi,elle est belle ta femme
-oui,(fier),et ici je pourrais avoir un 2ème enfant,là-bas,c'est pas possible,le gouvernement,tout ça (un geste de la main)
-ah oui,la politique de l'enfant unique,c'est vrai ce qu'on dit?
il m'explique un peu ce qu'il en est,en ville comme à la campagne,la loi,les sanctions,les gens,il me dit aussi que ces enfants-là ont un caractère difficile,et lui,il ne veut pas que son fils devienne comme ça,il veut d'autres enfants,et la France peut lui permettre de réaliser son rêve....
-on va croiser les doigts pour toi Lee
la séance finit par finir,le devoir nous appelle,des sonnettes,mais on a passé un très bon moment,très gai.

jeudi 1 juillet 2010

le fameux interne des hôpitaux est un médecin non-officiel mais qualifié.
en fait c'est un étudiant en médecine qui a passé le concours de l'internat au bout de 6 ans,qui garde le statut d'interne plusieurs années jusqu'à temps qu'il passe sa thèse.
je connais et côtoie 2 genres d'internes en médecine :
-le jeunot:il a fait ce parcours décrit plus haut,celui de 1ère année débarque un peu,celui de 3ème année est bien plus aguerri,ce sont de jeunes gens entre 24 et 28 ans en gros.(évidemment,il y a toujours des exceptions)
-l'étranger:il est médecin dans son pays,il veut valider son diplôme en France ou se spécialiser,il repasse par la case Interne;il est en général plus âgé que le précédent,mais parfois il ne parle pas bien français;

quel que soit son parcours,pendant la journée l'interne s'investit beaucoup dans son service dans lequel il doit rester 6 mois pour apprendre (et beaucoup travailler normalement),et la nuit il prend des tours de garde où il doit gérer des problèmes dans des services (donc des pathologies) autres que dans le sien...pas toujours évident pour lui,mais normalement il y a toujours un médecin supérieur de garde quelque part,qui peut l'aider si besoin.

dimanche 27 juin 2010

je pense que la plupart du temps,on n'échappe pas à son destin.

il y a comme ça un ensemble de faits,d'évènements,qui,mis bout à bout,vous amène vers quelque chose
alors bien sûr,si on prend conscience,on peut essayer de contrer cela,mais même là,se joue notre destinée.
ça ressemble à du fatalisme,je sais,disons alors que je suis philosophe à ce sujet,ce qui doit arriver arrivera,
et ce qui ne doit pas se faire,ne se fera pas.

il y a dans la mythologie grecque des personnages qui m'ont toujours fascinée:les Parques
ce sont de vieilles femmes à moitié aveugles qui sont chargées de tisser le fil de la vie de chaque humain
alors,évidemment,elles bavardent entre elles,elles sont distraites,et pof!,un fil qui casse,parfois il est déjà bien long,parfois il est bien court,c'est comme ça,parfois elles tissent soigneusement et le fil est beau,parfois,elles bâclent et le fil est malmené,rugueux...mais quand c'est l'heure de couper le fil,c'est l'heure,elles s'arrêtent de tisser.
voilà comment les Grecs Anciens expliquaient le destin d'une vie humaine:parfois une vie longue et prospère,parfois une vie à peine ébauchée et envolée,parfois une vie pleine d'embûches....etc..et puis un jour,crac,ça s'arrête,sans raison particulière,arbitrairement,parce que c'est écrit.


je me demande pourquoi certaines personnes ont une vie tranquille et droite,d'autres un peu plus difficile mais encore privilégiée,d'autres une vie de chien?
pourquoi certains vont souffrir comme des damnés avant de mourir,pourquoi d'autres vont partir le temps d'un clin d'oeil sans en avoir conscience?

il y a autre chose que les Anciens disaient à propos des épreuves de la vie et notamment de la maladie:pour eux,c'était des étapes pour arriver à une meilleure connaissance de soi,car on ne se connait soi-même et on ne connait les autres que par l'épreuve.
cela va même au-delà de l'individu,car ce qu'il subit ou a subi va modifier la vision des choses de son entourage....
l'idéal étant de se rendre meilleur ou de rendre les autres meilleurs qu'avant.

j'ai beaucoup de "pourquoi" depuis l'enfance,mais j'apprends à accepter peu à peu....un début de sagesse peut-être..

mercredi 2 juin 2010

Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes,
Le soleil s'étalait, radieux, dans les airs,
Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs voûtes,
Semblaient, par les vallons, plus touffus et plus verts !

Je montai jusqu'au temple accroché sur l'abîme ;
Un bonze m'accueillit, un bonze aux yeux baissés.
Là, dans les profondeurs de la raison sublime,
J'ai rompu le lien de mes désirs passés.

Nos deux voix se taisaient, à tout rendre inhabiles ;
J'écoutais les oiseaux fuir dans l'immensité ;
Je regardais les fleurs, comme nous immobiles,
Et mon coeur comprenait la grande vérité !